Ce que « sécurisé » veut dire quand le casino en ligne reste interdit en France
La question qu’un joueur français tape en cherchant un « casino en ligne sécurisé » n’a pas la réponse qu’il imagine. Au 17 septembre 2026, la liste officielle de l’ANJ ne recense que 17 opérateurs agréés pour 22 noms de domaine en .fr — aucun casino en ligne n’y figurant. La sécurité, en France, ne se mesure pas au cadenas dans la barre d’adresse : elle se mesure à l’agrément que le régulateur refuse précisément de délivrer pour ce produit. Ce qui suit démêle ce qu’une page de casino « sécurisée » peut honnêtement promettre à un joueur français, et ce qu’elle ne peut pas.

Vérifié le 6 novembre 2026 contre la liste des opérateurs agréés publiée par l’ANJ.
Table des matières
- Jeu responsable : la première ligne de défense n’est pas un certificat SSL
- Sécurité technique : ce qu’un cadenas prouve, et ce qu’il ne prouve pas
- Le classement que cette page ne peut pas écrire
- La moyenne des domaines miroirs : ce que la liste noire mesure
- Légalité : ce que la loi du 2 mars 2022 a changé
- Le poids réel de l’offre illégale
- Les casinos agréés à ne pas confondre avec l’offre illégale
- Ce que le lecteur doit ramener
- Questions fréquentes
Jeu responsable : la première ligne de défense n’est pas un certificat SSL
Un lecteur qui cherche la sécurité commence par où il ne faut pas. Le cadenas dans le navigateur, le « certificat de chiffrement 256 bits », le « RNG audité par iTech Labs » : tout cela décrit la qualité technique d’une connexion et d’un logiciel. Ce qu’il ne décrit pas, c’est l’identité du site à l’autre bout. Un opérateur agréé par l’ANJ doit, lui, brancher le joueur sur un registre national d’auto-exclusion et des outils de modération que le joueur paramètre lui-même. C’est ce registre — et lui seul — qui protège un joueur français en cas de dérive.
L’interdiction volontaire de jeux : trois ans minimum, sans coupure
L’interdiction volontaire de jeux (IVJ) est le dispositif central. La demande se fait en ligne depuis mai 2026, via une vérification d’identité par IDnow — téléchargement de pièce d’identité, selfie dynamique — pour une durée moyenne d’environ quinze minutes. Une fois inscrite, l’interdiction court au minimum trois ans. Passé ce délai, elle ne s’arrête pas toute seule : elle se prolonge indéfiniment tant que la personne n’a pas explicitement demandé sa levée auprès de l’ANJ. En 2026, l’ANJ a enregistré 23 400 nouvelles interdictions volontaires sur l’année.

Le champ couvert est strict : casinos physiques, clubs de jeux, et sites en ligne agréés par l’ANJ — paris sportifs, hippiques, poker, FDJ, PMU. Tout le reste, par définition, échappe au filet. Un joueur inscrit à l’IVJ qui ouvre un compte sur un casino offshore n’est protégé sur ce compte par aucun de ces mécanismes. Le dispositif n’est pas branché sur ces sites, et le site lui-même n’a aucune raison de vérifier la liste.
Modération : ce que le joueur paramètre lui-même
En complément de l’IVJ, les opérateurs agréés doivent offrir des outils de « modération » que le joueur active de sa propre initiative : plafond de dépôt, plafond de mise, plafond de temps de session. L’ANJ a demandé en 2025 aux opérateurs des plans d’action renforcée contre le jeu excessif, avec des cibles jusqu’en 2027. Aucun plafon national de mise ou de dépôt mensuel n’est établi par la loi — ces limites naissent du paramétrage individuel, sur les sites qui y sont obligés. L’offre illégale, elle, n’y est tenue par rien.
Le filtre qui n’attrape pas tout
La liste noire publiée par l’ANJ est un outil utile, mais sa portée est exactement celle que le régulateur annonce : elle est non exhaustive. Si un site n’y figure pas, cela ne signifie pas qu’il est autorisé. C’est la phrase que l’ANJ écrit elle-même sur la page de sa liste noire, et c’est une phrase à prendre au pied de la lettre. L’absence d’un nom n’est ni un blanc officiel ni une preuve d’innocence.
Sécurité technique : ce qu’un cadenas prouve, et ce qu’il ne prouve pas
Un site de jeu affiché « sécurisé » aligne en général trois promesses techniques : connexion chiffrée (HTTPS, certificat SSL), algorithme de jeu équitable (RNG audité), politique de confidentialité conforme au RGPD. Ces promesses sont réelles, mesurables, et elles couvrent un pan entier de la sécurité — celui du transport des données et de l’intégrité du logiciel. Ce qu’elles ne couvrent pas, c’est la légitimité de l’opérateur, la traçabilité des fonds, et le recours du joueur en cas de litige. Quand le produit est interdit dans le pays du joueur, ces trois derniers points restent sans réponse, quel que soit le cadenas.
Le cadenas ne dit rien sur l’agrément
Le chiffrement protège la connexion entre l’ordinateur du joueur et le serveur du site. Il ne dit rien de ce qui se passe ensuite : qui exploite le serveur, sous quelle juridiction il tombe, quel tribunal règle un différend. Un casino offshore peut afficher un cadenas valide, un RNG certifié par un laboratoire reconnu, et opérer depuis Curaçao ou Anjouan — où le droit du joueur français s’arrête à la frontière du site. La sécurité technique et la sécurité juridique ne sont pas la même sécurité, et elles ne se substituent pas l’une à l’autre.
RNG et « équité » : ce que l’audit couvre vraiment
Un RNG audité par un laboratoire indépendant répond à une question précise : le générateur de nombres aléatoires produit-il bien une distribution aléatoire non manipulable par l’opérateur ? Il ne répond pas à la question de savoir si l’opérateur paie les gains. Casino Extra, par exemple, affiche une licence Anjouan Gaming Board (ALSI-142406012-FI1) au nom de Samaki Limited — l’audit RNG, s’il existe, porte sur le logiciel ; il ne crée pas un fonds de garantie des retraits côté joueur.
Confidentialité et données : la question du responsable de traitement
Le RGPD s’applique à tout site qui traite des données de résidents européens, qu’il soit agréé ou non. Mais l’application dépend d’un responsable de traitement identifiable et joignable. Sur un site offshore, ce responsable est souvent une société immatriculée dans une juridiction où le joueur français n’a pas de recours effectif. La politique de confidentialité existe alors comme texte, pas comme garantie pratique.
Le classement que cette page ne peut pas écrire
La structure habituelle d’une page « top casino » en français compare des opérateurs, note leurs bonus, attribue des étoiles. Cette structure suppose un marché où le produit est autorisé et où les opérateurs sont comparables sur des licences équivalentes. En France, le casino en ligne n’est pas ce produit. Comparer des sites bloqués par l’ANJ sur leurs bonus et leurs retraits, c’est écrire le classement d’une offre que la loi française interdit — ce n’est pas de l’analyse, c’est de la mise en valeur d’une infraction.

Ce qui suit n’est donc pas un classement. C’est l’inventaire, marque par marque, des sites que des joueurs français utilisent effectivement, avec ce que l’ANJ a publié contre chacun. L’objet est de donner au lecteur un point de comparaison qu’il peut vérifier lui-même sur la liste noire, pas de lui proposer une destination.
Alexander Casino : 12 domaines, première décision en novembre 2024
Sous le libellé « ALEXANDER CASINO », la liste noire de l’ANJ recense douze domaines bloqués. La première décision date du 13 novembre 2024, la plus récente du 19 février 2026. Le volume est modeste mais l’extension est continue — un nouveau domaine entre dans le viseur tous les quelques mois, ce qui est la signature d’un opérateur qui migre pour échapper aux blocages. Aucun de ces domaines n’est agréé par l’ANJ ; la licence affichée par le site lui-même n’est pas documentée par une source recoupée.
Pour un joueur qui cherche malgré tout à rejoindre ce type de site, la question n’est pas de savoir si le cadenas est valide (il l’est en général), ni si le RNG est audité (il l’est parfois). La question est de savoir si, dans les six mois qui suivront son inscription, le domaine qu’il utilise sera remplacé par un autre dans la liste noire, et si son compte — soldes, historique de mise, conditions de bonus actives — survivra à cette migration.
Betify : 46 domaines et un rythme de blocage soutenu
Betify cumule 46 domaines sous le même libellé dans la liste noire de l’ANJ. La première décision date du 4 mars 2024, la plus récente du 26 mai 2026 — un volume de blocage particulièrement actif. Le rythme suggère moins un site qu’une opération commerciale qui ouvre de nouvelles adresses en réaction à chaque blocage, comme c’est la pratique courante de l’offre illégale.
Le joueur qui rencontre ce type de marque via une publicité ou un affilié a souvent affaire à la dernière adresse en date, pas à la première. Il ne sait pas que l’ANJ a déjà bloqué les précédentes. Et il ne dispose pas, sur le site lui-même, d’un moyen de vérifier cette information — l’opérateur n’a aucun intérêt à l’afficher.
MyStake : une marque inaccessible, des fiches contradictoires
MyStake pose un cas particulier : les pages officielles ont renvoyé une erreur HTTP 403 à chaque tentative d’accès direct (deux tentatives distinctes). Quand la source officielle est inaccessible, ce qui circule sur la marque vient des affiliés — et les affiliés se contredisent. Pour le bonus de bienvenue de MyStake, les chiffres relevés vont de « 153 % jusqu’à 555 € + 205 tours gratuits » à « 300 % jusqu’à 1 500 € », en passant par « 170 % jusqu’à 1 000 € ». Aucun de ces chiffres n’est confirmé à la source.
Une fiche d’affiliation isolée mentionne pour MyStake un dépôt minimum de 24 € en général, 20 € pour être éligible au bonus de bienvenue, une condition de mise de 35× sous 30 jours avec une mise maximale de 5 € par tour lorsqu’un bonus est actif, et une licence Curaçao Gaming Authority sous le numéro OGL/2024/250/0115. Cette fiche n’a pas été recoupée à la source officielle (qui est inaccessible), et la conserver comme référence reviendrait à faire confiance à un intermédiaire qui dépend économiquement du clic du joueur. La liste noire de l’ANJ, elle, recense 10 domaines sous le libellé MYSTAKE, avec des décisions du 13 juin 2022 au 26 avril 2023.
LeonBet : 116 domaines, le volume le plus élevé du lot
LeonBat concentre 116 domaines bloqués sous son libellé — c’est le volume le plus élevé de toutes les marques recensées ici. La première décision date du 15 décembre 2023, la plus récente du 20 novembre 2025. Ce chiffre n’est pas anodin : il décrit une marque qui a investi dans une infrastructure de migration d’adresses à grande échelle, avec un budget marketing suffisant pour relancer chaque nouveau domaine.
Pour un lecteur, le signal à lire n’est pas « LeonBat est le plus populaire ». Le signal est « LeonBat est le plus actif à se rendre accessible malgré les blocages ». Les deux lectures mènent à des conclusions opposées sur ce que la popularité signifie dans ce segment.
LuckyTreasure : sept domaines, le plus resserré du lot
LuckyTreasure ferme la marche en volume avec sept domaines bloqués. La première décision date du 14 juin 2023, la plus récente du 11 avril 2024 — une fenêtre de blocage plus resserrée que les autres marques, qui suggère soit une activité en déclin, soit une migration plus éphémère. Le résultat, pour le joueur, est le même que sur les marques à plus gros volume : aucun de ces domaines n’est agréé par l’ANJ, et l’agrément n’existe pas dans cette verticale.
Casino Extra : un casino en crypto, sans euro, sous licence Anjouan
Casino Extra est documenté comme casino offshore fonctionnant exclusivement en cryptomonnaies — Bitcoin, Ethereum, Litecoin, USDT, TRX — sans euro accepté. L’offre de bienvenue affichée est de 100 % jusqu’à 350 € plus 100 tours gratuits au premier dépôt, complétée par 50 % sur les deuxième et troisième dépôts ; le multiplicateur de mise exact n’est pas précisé sur la page consultée. Le délai de retrait annoncé pour les cryptomonnaies est de 24 heures.
Le site affiche une licence Anjouan Gaming Board (ALSI-142406012-FI1) au nom de Samaki Limited. Cette licence existe, mais elle n’a pas de valeur en France — Anjouan n’est pas une juridiction reconnue par l’ANJ, et le joueur français n’a pas de recours effectif auprès de ce régulateur en cas de litige. L’ANJ traite cette marque comme CASINOEXTRA et bloque les domaines Casino Extra, Casinoextra1.net, Casinoextra2.com, casinoextra.info.
Pour un joueur habitué aux casinos en crypto, Casino Extra coche plusieurs cases techniques : pas de conversion de change, retrait rapide annoncé, interface souvent bien fournie. Pour un joueur français, l’absence d’euro est aussi l’absence du cadre de protection que les transactions en euros imposent — un retrait en BTC dépend du prix du Bitcoin au moment où l’opération passe, pas d’un montant contractuel en euros.
WinUnique : un « guide » qui redirige vers un casino en argent réel
WinUnique est un cas particulier. Le domaine Winuniques.bet se présente comme un « guide des machines à sous » — fournisseurs listés, RTP affichés, filtres par volatilité, compatibilité mobile — mais redirige (code 301) vers Winuniquecasinowin-fr.com, un casino en argent réel avec inscription. Les deux adresses relèvent de la marque WINUNIQUE, bloquée par l’ANJ. Le joueur qui croit comparer des RTP sur un site neutre est en train de s’inscrire sur un casino offshore, sans que la transition soit marquée.
L’offre de bienvenue rencontrée sur le casino est de 250 % jusqu’à 3 000 € plus 300 tours offerts, complétée par une offre hebdomadaire de rechargement de 50 % avec tours gratuits. Le plafond de retrait hebdomadaire est annoncé à 1 500 €, et un cas documenté fait état d’un délai de 14 jours pour un retrait de 150 € avec un rejet initial lié à la vérification KYC. Le site affiche une licence Curaçao eGaming (CEG), licence maîtresse n° 1668/JAZ, exploitée par Play Logia N.V. — un numéro de licence Curaçao partagé par de nombreux sous-licenciés, donc peu discriminant en lui-même.
La moyenne des domaines miroirs : ce que la liste noire mesure
La liste noire de l’ANJ donne, pour chaque marque, un nombre de domaines bloqués. Ce nombre n’est pas un classement de qualité — c’est une photographie administrative de l’effort de contournement que la marque a déployé. Plus le nombre est élevé, plus la marque a migré d’adresses pour rester accessible aux joueurs français.
Sur les six marques documentées ici avec un compte de domaines précis, la moyenne est de (12 + 46 + 10 + 116 + 7 + 4) / 6 = 195 / 6, soit 32,5 domaines par marque — à lire comme un ordre de grandeur, dans la bande 30 à 35, sous l’hypothèse que les chiffres de l’ANJ reflètent l’étendue du réseau migratoire à la date de consultation. La médiane se situe, elle, à 11 domaines (entre 10 de MyStake et 12 d’Alexander Casino) — un chiffre plus modeste qui représente la marque « médiane » de l’offre illégale en France.
Ce qu’il faut retenir : aucun de ces sites ne correspond à un casino agréé. Tous tombent sous le coup de la liste noire. Le nombre de domaines derrière chaque marque décrit l’intensité de l’effort de contournement, pas la fiabilité du produit.
Légalité : ce que la loi du 2 mars 2022 a changé
En France, les jeux d’argent en ligne ne sont pas un marché libre : ils sont une verticale réglementée, et la régulation dit précisément ce qui est autorisé. Trois verticales seulement sont agréables en ligne : les paris sportifs, les paris hippiques, et les jeux de cercle (poker). Les machines à sous, la roulette, le blackjack, le baccarat — c’est-à-dire le casino en ligne au sens où l’entendent les joueurs — ne sont pas agréables pour un opérateur privé en ligne. La raison avancée par l’ANJ est le risque addictif de ces produits.
Un projet de légalisation abandonné en 2024
Un projet de légalisation du casino en ligne a été abandonné le 28 octobre 2024, après l’opposition du secteur des casinos terrestres. Il a été remplacé par une concertation nationale toujours en cours en 2026. Le lobbying s’est poursuivi en 2025 ; l’interdiction tient toujours. Le débat reste ouvert, mais la loi n’a pas bougé : le casino en ligne est toujours un produit hors agrément en France.
La loi du 2 mars 2022 et le pouvoir de blocage
La loi du 2 mars 2022 a donné au président de l’ANJ le pouvoir d’ordonner le blocage et le déréférencement des sites qui proposent ou font la publicité d’une offre de jeux d’argent illégale. La procédure est administrative, pas judiciaire : un agent assermenté de l’ANJ dresse un procès-verbal, le site et son hébergeur reçoivent une mise en demeure, un délai de cinq jours est ouvert pour observations, puis un second procès-verbal est dressé si rien ne change, suivi du blocage effectif. Cette procédure a remplacé douze années de procédures judiciaires pour un volume presque double : entre mars 2022 et octobre 2024, l’ANJ a pris 506 actes administratifs de blocage couvrant 2 365 URL.
Publicité : 100 000 € d’amende pour l’éditeur
Faire la publicité d’un site de jeux d’argent illégal en France est une infraction pénale, passible d’une amende de 100 000 €. Cette règle vise les opérateurs, mais aussi les éditeurs et les affiliés qui relaient la publicité. Pour un site qui publie des liens vers les marques du lot ci-dessus, la question n’est pas « le joueur est-il en sécurité ? » — la question est « le site lui-même est-il dans les limites de la loi française ? ».
L’ANJ : qui elle est, ce qu’elle fait
L’ANJ (Autorité nationale des jeux) est le régulateur national des jeux d’argent depuis 2020, successeur de l’ARJEL. Elle agrée les opérateurs, surveille l’offre légale, publie la liste noire de l’offre illégale, et conduit les procédures de blocage. Pour un joueur français, c’est l’autorité de référence : ce qui figure sur sa liste est bloqué ou en cours de blocage ; ce qui n’y figure pas n’est pas pour autant autorisé, comme le régulateur le précise lui-même.
Le poids réel de l’offre illégale
Une étude PwC commandée par l’ANJ, menée entre janvier et mars 2023, donne la photographie de l’offre illégale en France : 510 sites internet générant du trafic sur le territoire français identifiés comme illégaux, dont 21 concentrant 60 % du trafic. Les jeux de casino et les machines à sous représentent 50 % du trafic de cette offre illégale. Le produit brut des jeux généré par l’offre illégale est estimé entre 748 millions et 1,5 milliard d’euros, soit 5 % à 11 % du marché total des jeux d’argent en France. Environ 3 millions de personnes ont consommé une offre de jeu illégale au moins une fois par mois en 2023, dont environ la moitié sans savoir qu’il s’agissait d’une offre illégale. 79 % du produit brut des jeux de l’offre illégale provenait de joueurs présentant des pratiques de jeu à risque.
La campagne d’information de l’ANJ sur les casinos en ligne, lancée le 7 octobre 2024, reprend ces chiffres et annonce « entre 3 et 4 millions de joueurs sur des sites illégaux » et un segment représentant 5 % à 11 % du marché français. Le régulateur lui-même résume : un consommateur sur deux ignorerait le caractère illicite de l’offre de casino en ligne qu’il utilise. Ce chiffre est celui que cette page doit donner au lecteur avant tout autre : sur un casino en ligne en France, il y a une chance sur deux que le joueur ne sache pas qu’il joue sur une offre hors la loi.
Pourquoi le casino en ligne reste interdit
La raison officielle tient à un arbitrage entre trois acteurs : les casinos physiques, qui craignent une cannibalisation de leur chiffre d’affaires ; l’État, qui perçoit déjà des prélèvements sur les casinos terrestres ; le régulateur, qui pointe le risque addictif plus élevé des produits de casino (machines à sous, roulette) par rapport aux paris sportifs et au poker. Tant que cet arbitrage ne bouge pas, l’interdiction tient. La concertation nationale ouverte en 2024 est l’expression de cette attente d’arbitrage, pas son résultat.
Ce que l’agrément ANJ apporte, en clair
Un opérateur agréé par l’ANJ est tenu, en France, à des obligations que l’offre illégale n’a pas. La liste n’est pas à comparer à un « bonus de bienvenue » : elle décrit un cadre. Identification du joueur, traçabilité des flux financiers, modération paramétrable par le joueur, auto-exclusion effective via l’IVJ, contrôle des publicités, rapport d’audit, fonds de garantie des joueurs — chaque ligne est une protection concrète contre un risque identifié. Un casino offshore peut afficher certaines de ces protections sur sa page ; aucune ne lui est imposée par une juridiction française.
Les casinos agréés à ne pas confondre avec l’offre illégale
Quelques noms reviennent souvent quand on parle de « casinos en ligne en France », et certains sont agréés — sur d’autres verticales. Confondre les deux est une erreur que cette page doit éviter, et que le lecteur doit apprendre à éviter aussi.
Betclic, Winamax, Unibet, bet365, Parions Sport (FDJ) — tous des opérateurs agréés sur au moins deux des trois verticales ANJ (paris sportifs, hippiques, poker). PMU opère sur les trois verticales. Betsson, Netbet, VBET, Circusbet, DAZNBet, Genybet opèrent sur une ou deux verticales, jamais sur le casino. Aucun de ces noms ne propose de casino en ligne au sens du produit interdit en France.
Quelques confusions à éviter absolument : Betsson (opérateur agréé, betsson.fr) n’est pas Betsoft (studio de jeux de machines à sous, non agréé en France) ; Netbet (opérateur agréé) n’est pas NetEnt (studio de jeux de machines à sous, non agréé en France) ; ZEbet (marque de casino non agréée) n’est pas ZEturf (opérateur agréé de paris hippiques, zeturf.fr). Une part non négligeable du marketing de l’offre illégale joue précisément sur ces confusions de noms. Le repérage se fait sur la page de l’ANJ elle-même : si le site n’y figure pas en colonne « agrément », il n’est pas agréé.
Ce que le lecteur doit ramener
Un joueur français qui veut jouer sur un casino en ligne n’a pas, à la date de cette page, d’option légale en France pour ce produit. Ce qu’il a : des sites offshore qui acceptent les joueurs français sans agrément, un blocage administratif de l’ANJ qui s’efforce de les rendre inaccessibles, et un cadre juridique qui place l’éditeur d’une publicité pour ces sites dans le champ d’une infraction à 100 000 € d’amende. Ce qu’il n’a pas : un agrément ANJ pour le casino en ligne, un produit comparable aux casinos physiques français, un registre d’auto-exclusion qui couvre ces sites.
Une lecture honnête de cette situation commence par le chiffre de l’ANJ : un consommateur sur deux ne sait pas que l’offre qu’il utilise est illégale. Une lecture informée continue par la liste noire — non pas comme un outil suffisant (elle ne l’est pas, le régulateur le dit lui-même), mais comme un point de départ vérifiable. Une lecture prudente se termine par la liste des opérateurs agréés sur les verticales autorisées : paris sportifs, hippiques, poker. Ce sont les noms qui figurent sur la page de l’ANJ. Aucun autre nom n’a, en France, le statut d’opérateur agréé.
Questions fréquentes
Un casino en ligne peut-il être légalement « sécurisé » en France s’il n’est pas agréé par l’ANJ ?
Non. En France, l’agrément ANJ est la condition légale pour proposer des jeux d’argent en ligne aux joueurs français, et il n’est pas délivré pour les produits de casino. Un site qui propose des machines à sous, de la roulette ou du blackjack à un joueur français est par construction hors agrément, quelle que soit la qualité de son chiffrement ou de son RNG.
Quels sont les seuls jeux d’argent en ligne autorisés en France en 2026 ?
Trois verticales sont agréables par l’ANJ : les paris sportifs, les paris hippiques, et les jeux de cercle (poker). Aucun casino en ligne — machines à sous, roulette, blackjack, baccarat — ne peut être agréé pour un opérateur privé en ligne. La liste des opérateurs agréés, mise à jour par l’ANJ, compte 17 entités juridiques sur 22 noms de domaine en .fr, exclusivement sur ces trois verticales.
Comment un joueur peut-il vérifier si un casino en ligne visé est bloqué par l’ANJ ?
La liste noire publiée par l’ANJ sur anj.fr liste les domaines bloqués et la marque sous laquelle ils sont regroupés. La vérification se fait par recherche du nom de domaine dans cette liste. La liste est non exhaustive : un site qui n’y figure pas n’est pas pour autant autorisé. L’absence d’un nom n’est pas une preuve d’innocence.
Que risque un site (ou un affilié) qui fait la publicité d’un casino en ligne non autorisé en France ?
La publicité pour un site de jeux d’argent non autorisé est une infraction pénale en France, passible d’une amende de 100 000 €. Cette règle vise aussi bien les opérateurs que les éditeurs et les affiliés qui relaient la publicité. La règle ne concerne pas le joueur lui-même, qui n’est pas dans son champ ; elle concerne la chaîne qui amène le joueur au site.
L’interdiction volontaire de jeux (IVJ) protège-t-elle un joueur sur un casino en ligne offshore ?
Non. L’IVJ ne couvre que les casinos physiques, les clubs de jeux et les sites en ligne agréés par l’ANJ — paris sportifs, hippiques, poker, FDJ, PMU. Un casino en ligne offshore n’est pas raccordé au système, et le joueur inscrit à l’IVJ qui ouvre un compte sur un tel site n’est protégé sur ce compte par aucun mécanisme. La demande d’IVJ se fait en ligne depuis mai 2026, via vérification d’identité IDnow, pour une durée moyenne de quinze minutes et un minimum de trois ans.
